Avaler des copeaux

“Tu as avalé des copeaux de bois, belle idée dis moi. Tout ça pour libérer tes flots lacrymaux. Si seulement tu n’avais pas engagé ta tête en triangle dans cette pièce, tu aurais pu la ramener à une grosse boule froissée, cela aurait été moins douloureux. Mais tout cela a été inutile, tu as donc préféré te réfugier au sous-sol, et tracer des flèches qui finissent dans l’obscurité du mur. Par manque de lisibilité, le tracé t’a heurté et tu as dû recomposer ton corps. Le dos raide comme cloué à une planche, tu essayes tant bien que mal de te déplacer. De couloir en escalier, tu es remonté au rez-de-chaussée pour reprendre ton souffle. Accoudé à la fenêtre, tes larmes ont débordé. Le mieux qui te restait à faire était donc de te coucher afin que tu puisses remplir ton corps de coussins.”

Collaboration avec l’écrivain Raphaëlle Thonont
L’art des liens / Editions Écorce
1.« Des copeaux dans son ventre » p.20
2.« Libérer les flots lacrymaux » p.53
3.« Engage sa tête en triangle » p.66
4.« Ramener la pièce à une grosse boule froissée » p.73
5.« Il trace des flèches qui finissent dans l’obscurité du mur » p.83
6.« Il recompose des corps » p.100
7. « Le dos raide comme cloué à une planche » p.146
8. « De couloir en escalier » p.177
9. « Par les fenêtres, des larmes vont déborder » p.200
10. « Son corps est rempli de coussins » p.200